Yogyakarta
- Jeff Nevine
- 12 nov. 2019
- 2 min de lecture
Une fois tombé du wagon de train qui était non pas climatisé mais cryogénisé, et alors que mes neurones dégèlent peu à peu sous l'effet de la douce chaleur, Yogyakarta, ville dont les louanges sont chantées par tous les guides touristiques de la planète, m'apparait dans toute sa splendeur: Ce n'est pas Jakarta, et c'est déjà beaucoup.

Pourtant, après les articles dithyrambiques qu'on peut lire à son sujet, on peut être légèrement déçu au premier abord. Certes, c'est petit - un demi-million d'habitant - ou en tout cas ça l'est assez pour conserver une taille humaine, et l'on peut donc envisager de traverser une rue sans y laisser sa peau. Non pas que la circulation soit moins chaotique (surtout qu'en plus des voitures et scooters on y croise encore des espèces de Tuk-Tuk inversés motorisés ou à pédales, où les clients sont assis à l'avant sur les deux roues, le conducteur étant derrière, et même des calèches, des vraies, avec de vrais chevaux vraiment pas bien nourris).
Certes, Il y a de petites rues sympathiques, et même des ruelles - les gangs - à peine plus large que le guidon d'un scooter. Mais tout ça reste bien mazouté et assez loin d'être zen, en plus de voir des quartiers entiers remodelés par le tourisme de masse (je me demande encore où est cette masse d'ailleurs; il y a 100 fois plus d'hôtels que de touristes...).

Mais avec le recul (car évidemment, à l'heure où je rédige ces lignes, je n'y suis plus depuis longtemps), je me rends compte que c'est la seule ville sur Java ayant réussi à rester elle-même sans totalement dépayser l'occidental en vacances. Macdo, Buger King, KFC, Starbucks, ils sont tous là, bien alignés sur la rue principale. Il y a même des bars! Qui servent de l'alcool! J'aimerais bien croiser un bar un de ces jours... De l'exotisme facile sans trop de dépaysement, donc.

Je fais le tour des lieux dit "incontournables". Le palais du Sultan pour commencer (le Kraton Ngayogyakarta Hadiningrat, mais Kraton suffit amplement), ou plutôt sa cour intérieure, le reste étant interdit... Car Yogyakarta est un sultanat depuis le milieux du 18e siècle, et le sultan, 10ème de sa dynastie, est toujours bien présent dans son immense palais (une véritable ville dans la ville). Malheureusement difficile de comprendre quelque chose aux collections d'objets poussiéreux exposés dans de sombres pavillons, quasiment rien n'étant expliqué en anglais.

Il y a aussi le Taman Sari (le Jardin des Fleurs), qui était comme son nom l'indique avant tout un immense parc, propriété du même sultan. Seuls les bains sont aujourd'hui bien conservés; quelques pavillons en ruines sont encore visibles. Le reste est devenu un quartier (le Kampung Taman), bien tranquille et pittoresque avec ses petites ruelles.

Et voilà, deux ou trois jours et on a fait le tour, il est temps d'oxygéner ses petits poumons dans un paysage radicalement moins pollué....



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