Sipalay
- Jeff Nevine
- 18 déc. 2019
- 2 min de lecture
Nouvelle traversée avec un ferry direct pour la ville de Dumaguete, sur la grande île de Negros. Une ville suffisamment agréable pour attirer un nombre inimaginable d'expats et de retraités; le soir, sur les quais et en terrasse, il y a plus d'étrangers que de Philippins.... Mais évidemment je ne suis pas arrivé là pour rester en ville: cap sur Sipalay, à 5 heures de bus, et sa Sugar Beach qui paraît-il vaut le coup d’œil.

Une fois qu'on a survécu à 5 heures de ballades rock sirupeuses et de compilations de slows antiques balancées à plein tube, il faut encore 20 minutes de navigation pour arriver sur la plage, qui à nouveau surprend par son côté sauvage. Pas de route asphaltée, des Resorts bien cachés derrière les palmiers, on a l'impression d'être déposé sur une île déserte. Cette fois le sable a la couleur du sucre brun (d'où peut-être son nom "moderne" choisis à l'arrivée du tourisme), et sur le kilomètre de long de la crique il y a nettement plus de bateaux de pêche traditionnels que de présence humaine. Tout à fait différent de Panglao, mais absolument magnifique.


Tout au nord de la plage, perché sur un rocher, il y a le Sugar Rock Bar, tenu par Christian, un Suisse allemand qui est arrivé là il y a sept ou huit ans. Pendant qu'on admire le coucher de soleil, il me raconte des anecdotes sur le lieu, comment les six ou sept Resorts répartis le long de Sugar Beach ont presque tous été rachetés par des Allemands ou Suisses allemands, et me confirme que dans une semaine ou deux, quand la saison va commencer, même si les Resorts sont pleins à craquer, on ne voit pas vraiment plus de monde sur la plage et l'impression d'être au bout du monde est toujours bien présente.

Tellement au bout du monde que la maigre connexion Wi-Fi de l'hôtel est inutilisable. Je suis en Digital Detox forcée pendant trois jours. Le fils de la propriétaire (une française), jeune traine-savate efféminé qui n'aime rien tant que de buller avec ses petits copains et Ladyboys en traitant ses employées comme un officier de la Wehrmacht, m'avoue dans un excellent français qu'il a pris le forfait internet le moins cher pour économiser un maximum, et que son pack de données est réinitialisé tous les jours à minuit. Premier arrivé, premier servi, dès 9 heures du matin plus moyen de se connecter. Bel esprit commercial, totalement au service du client; voilà un Resort qui devrait couler bien avant la montée du niveau de la mer.

Je laisse cet abruti faire joujou avec ses messieurs-dames, et retourne à la civilisation.



C`magnifique….