Malapascua
- Jeff Nevine
- 6 déc. 2019
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 7 déc. 2019
Voilà un nom qui sonne comme une malédiction: Malapascua (mauvaise Pâques en espagnol), minuscule confetti d'île dans la mer de Visayan, elle-même à la pointe nord de l'île de Cebu, aux Philippines.... J'ai en effet dû quitter l'Indonésie à la fin de mon visa, en choisissant la destination la moins chère à disposition, et il se trouve que c'était Cebu City, sur l'île du même nom. Pas un mauvais choix finalement, si l'on considère la suite de mon voyage.
Pour y arriver, retour à Singapour et escale de 8 heures au milieu de la nuit. J'arrive aux Philippines après 24 heures sans dormir, dans un hôtel en pleine décrépitude, avec un personnel qui fait juste acte de présence, des couloirs proches d'un dépotoir et où la nuit on entend des insectes ronger les planches de contreplaqué qui a servi à bricoler les capsules du dortoir. Après avoir été malade une journée entière - et pour une raison inconnue - dans ce cercueil destiné à s'écrouler de lui-même, je fuis cette ville (pourtant non dénuée d'intérêt, vu qu'elle a été la première à être colonisée par les espagnols dans cet archipel) et décide d'aller respirer un bol d'air frais sur une des nombreuses plages de la région. Pourquoi j'ai choisi cette ile dont je n'avais jamais entendu parler, pour être tout à fait franc, je n'en ai plus aucune idée.

Pas vraiment une destination idéale pour le tourisme de masse: 4 ou 5 heures de bus depuis Cebu, puis une coquille de noix depuis le "port" de Maya - une jetée inutile en cas de marée basse, qui contraint passagers et bagages à patauger dans la mer jusqu'aux genoux pour s'entasser sur la barque qui vous emmèneras sur une embarcation à peine plus grande pour les huit derniers kilomètres - théoriquement sur une mer d'huile, mais bien sûr il y a là des creux d'un mètre et demi.

Sans le savoir, en choisissant d'aller aux Philippines, je me suis jeté dans la gueule du typhon Kammuri, mais par chance Malapascua est sur les bord de la dépression; si j'avais choisi d'atterrir à Manille, ça aurait été légèrement plus agité. Je l'apprend en écoutant une bande de jeunes français se décider à évacuer les lieux de crainte d'être bloqués sur l'île dans les prochains jours. Personnellement, être coincé ici me semble préférable que dans une grande ville, mais chacun ses goûts.

Alors bien sûr, nous sommes aux Philippines; sur ces quelques kilomètres carrés, pas de routes asphaltées, pas de voitures, des hameaux qui ressemblent à des bidonvilles (comme ont peut s'y attendre, la pauvreté atteint des proportions incroyables dans ce pays)... Mais si l'ont s'éloigne un peu des hôtels de bord de mer blindés de plongeurs, le coût de la vie est ridicule, c'est tranquille, et les plages sont magnifiques.

En tout cas jusqu'au passage du typhon - à peine une tempête tropicale à cet endroit, mais qui génère déjà des vagues bien trop violentes qui rabotent ce paradis. Plus de navigation durant 48 heures, et la plage perd par endroit plus d'un mètre de sable, provocant l'affaissement des murets rachitiques qui délimitaient le front de mer, et ceci juste avant Noël, au plus fort de la saison.


Je laisse Malapascua panser ses plaies, et redescend vers le sud, certainement moins touché.




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