Pulau Tioman
- Jeff Nevine
- 13 oct. 2019
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 14 oct. 2019
Rien de bien exceptionnel dans la petite ville de Mersing, si ce n'est le ferry pour Pulau Tioman. On sent d'ailleurs bien qu'ils ont l'habitude d'un déferlement de touristes - du moins à certaines époques de l'année - car il y a un je ne sais quoi de plus westerner dans l'ambiance, une influence qui a durablement imprégné l'atmosphère. Il y a même un vrai pub où se retrouvent des familles - évidement non-musulmanes - pour manger des burgers. En ce qui me concerne je n'ai pas d'autres choix que d'y passer une nuit (pas dans le pub, hein, c'est un peu cher quand même), vu que j'ai débarqué du bus au milieu de l'après-midi et que le premier ferry est à sept heures du matin.

Deux heures de traversée sans histoire dans un bateau d'une toute autre envergure (cabine fermée avec des vrais sièges et la capacité pour en tout cas une centaine de personnes) que ceux des îles Perhentian. Il faut dire que la soixantaine de kilomètres à parcourir en mer ouverte est parfois tellement agitée que le ferry est retardé, voir annulé. Pas de mauvaise surprise ce jour-là, je pose les pieds à Tioman peu après neuf heures.

Cette fois ce n'est pas un simple confetti posé sur la mer; avec 11 km. de large sur 20 de long, huit villages et un sommet qui culmine à plus de mille mètres, l'île en impose, surtout que l'homme ne fait qu'en égratigner les côtes. Le reste est abandonné à une jungle impénétrable, et considérée comme une réserve naturelle... A la faune parfois un peu trop exubérante. Quelques jours avant mon arrivée, sur la plage à la pointe nord de l'île (Kampung Salang), un enfant de trois ans (le fils d›un hôtelier) a été mordu à un pied par un varan d›un mètre et demi qui s'est aventuré jusque sous le comptoir; son père a dû littéralement le piétiner pour lui faire lâcher prise.

Du coup le gouverneur de la région a décidé de réduire quelque peu la population de ces petits monstres à proximité des zones habitées. Bonne chance les gars, difficile de marcher un peu sans en croiser un, surtout près d'un point d'eau douce. Ils sont d'ailleurs bien timides avec les adultes, je n'ai pas encore réussi à en avoir une photo nette, même si j'ai repéré des coins propices, dont l'un grâce à une anglophone qui à lâché un Ouaaaah! en voyant un splendide spécimen d›un mètre vingt nager sous le petit pont où elle se tenait:
- Regardez! Incroyable! Un alligator!
Pas mal pour un premier essai, on reste dans l’embranchement des reptiles, plus qu'un léger effort à fournir...

En tout cas vu le nombre de chats pas bien épais qui traînent sur l'île, ils ne doivent pas avoir de mal à bouffer - contrairement au routard de base qui ne loge pas dans un Resort All Inclusive. Si l'accueil est nettement plus sympathique que sur Pulau Kecil en ce qui concerne les logeurs, du côté des restaurants c'est n'importe nawak. Parfois ouvert ou pas, avec des horaires flous voir à la tête du client, parfois totalement désert mais ouvert quand même, parfois avec des clients mais personne ne daigne te servir, se nourrir devient une occupation en soi, qui je pense justifie à elle seule la location de vélos ou de scooters, car les kilomètres défilent assez vite quand on tente de trouver sa pitance. Je vais finir par me rôtir un varan sur la plage dans le plus pur style OSS 117 (les cinéphiles comprendront).

Pour le reste je vous laisse sécher vos larmes en regardant les photos qui se passent de commentaires. Mais j'en ai mis quand même car j'aime bien vous emmerder. Moi je n'en peux plus du sable, des cocotiers et de la mer transparente aux reflets turquoise. Je cours me réfugier à Kuala Lumpur, béton et gasoil, les deux mamelles de la civilisation.



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