Karimunjawa
- Jeff Nevine
- 17 nov. 2019
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 30 nov. 2019

Des semaines que je cavale comme un fou de ville en ville, en bus et en train, bricolant ce blog le soir dans des chambres d'hôtels borgnes et au confort de plus en plus improbable, des salles de bain sans miroir (mais il y en a un dans la chambre) voire sans lavabo (pratique pour se raser), quand ce n'est pas les deux défauts précédents en même temps. Je croule sous les photos, j'accumule du retard, je pédale dans la semoule. J'ai besoin de vacances dans mes vacances.
A Jakarta, j'ai entendu un Indonésien faire l'éloge des Îles Karimunjawa, selon lui les meilleures plages aux alentours de Java, et il m'a donné envie d'en savoir un peu plus sur cet endroit dont je n'avais jamais entendu parler. Ça tombe bien, j'ai envie de sable entre mes doigts de pieds et de couleurs tropicales dans les mirettes.

Train, bus, re-bus, re-re-bus, après un voyage épique de deux jours dans des moyens de locomotions de plus en plus délabrés j'arrive face à la jetée de Jepara, sur la Mer de Java. Départ à huit heures du matin pour deux heures de traversée (dans les 80 kilomètres) à bord d'un ferry qui danse la gigue sur une mer bien agitée. Je suis généralement le premier à changer de couleur si je n'ai pas recours à la chimie (et évidemment je n'ai pas pensé à acheter ces petites pilules magiques), mais cette fois mon oreille interne doit être aussi lasse que moi, je ne ressens aucun inconfort pendant qu'aux alentours c'est la vidange générale.

Sur place, après deux jours bien maussade et quelques averses bien senties, le soleil brille, et je peux commencer à profiter du paysage. Il y a 27 îles dans l'archipel (dont 22 font parties d'un parc national), mais la plus grande me suffira amplement, elle doit faire plus de dix kilomètres de long, et tout est tellement espacé qu'on ne va nulle part sans louer un scooter - Gojek n'est pas encore arrivé jusque là.

Plages quasi désertes au sable poudreux, cocotiers, eau bien transparente, quelques bars bricolés par des locaux, le cahier des charges est rempli. C'est vite vu, cette île était au départ une colonie pénitentiaire (fondée par qui? Thomas Stamford Raffles.... Il est partout, ce type...), mais quasiment tous les prisonniers sont restés à la fin de leur peine. Dommage que comme souvent seule la partie centrale des plages soient nettoyées, les côtés étant laissés à l'abandon et aux déchets ramenés par la marée. A croire que les autochtones ne comprennent pas sur quel trésor ils vivent. D'autant que ce n'est pas une catastrophe écologique non plus, en une journée tous ces déchets pourrait être collectés, laissant la nature comme au matin du monde.
Bon, moi je vous laisse, j'ai un dernier coucher de soleil à admirer, avant que le tourbillon de la suite du voyage ne m'emporte....




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