Gunung Merapi
- Jeff Nevine
- 13 nov. 2019
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 15 nov. 2019
Le mont Merapi (Gunung Merapi en indonésien et en javanais) est un volcan s'élevant à plus de 2900 mètres au-dessus d'une des régions les plus peuplées du monde (1400 habitants au kilomètre carré en moyenne); étant aussi l'un des plus actifs, avec 49 éruptions explosives depuis l'arrivée des européens dans la région, en 1548 - sans compter les coulées de lave et de lahars (boue composée de cendre volcanique, eau, et tout ce que ça ramasse sur son passage, un véritable béton liquide), il est donc le plus menaçant pour une population humaine. Les dernières explosions pyroclastiques (comme à Pompei, en gros), ont eu lieu en 1994, 2006, 2010 et 2018, faisant dans les 400 victimes. Faisant partie de la ceinture de feu du Pacifique, il n'est pas rare que ces éruptions soit accompagnées de tremblement de terre.
Mais comment j'aurais pu rater ça?? Et pourtant j'ai bien failli passer à côté du ridicule encart dans mon guide, si je n'avais pas saisi une conversation à son sujet alors que j'avais l'oreille qui trainait.

Je me précipite à Kaliurang, village éparpillé au pied du monstre, à une vingtaine de kilomètre de Yogyakarta, et qui a eu la chance de ne jamais être totalement détruit, à part des toits effondrés sous le poids des cendres. Et quand je dis éparpillé, c'est bien le cas: pas de véritable centre, des bâtiments éparses sur des kilomètres, pas de restaurant digne de ce nom, et des hôtels un peu partout. Mais à part moi, aucun touriste. Ce bled est mort. Depuis que tout le monde possède un véhicule, les bus ont été supprimés, le terminal se décompose lentement, et les touristes achètent des tours depuis Yogyakarta. Dès la fin de la matinée, on peut croiser des colonnes de plusieurs dizaines de Jeep militaires américaines, bondées de touristes (le plus souvent locaux), casqués comme pour une reconstitution du débarquement. C'est Omaha Beach à flanc de Merapi, avec une pollution digne d'un porte-conteneur.

Les quelques Backpackers qui prennent la peine de se traîner jusque là en solo (et en Gojek) descendent au Vogel Hostel, construit en 1926 par des colons hollandais. Soyons clair, ce n'est pas pour la beauté de l'établissement, dont les chambres fleurant bon le moisi, aux matelas mousses fatigués et imbibés d'humidité, me rappellent les pires endroit à 3 dollars où je passais la nuit dans l'Altiplano. Un peu moins dur tout de même vu la température, mais comme on est pas loin des 900 mètres, il fait un peu frisquet la nuit.

Si on fait l'effort de dormir dans cet hôtel, c'est pour bénéficier des conseils éclairés du propriétaire et guide Christian, qui du haut de ses 73 ans passés dans ce village a dû connaître l'hôtel dans ces beaux jours, et a vu le volcan sous toutes ses coutures et manifestations, officiant même deux fois de guide vers le sommet pour Haroun Tazieff en personne. Il ne fait plus le guide lui-même, je vais donc avoir l'honneur de suivre son frère - qui ne doit pas être beaucoup plus jeune - pour m'approcher jusqu'à la limite permise. En effet, depuis l'éruption de 1994, l’ascension est interdite au public.

Départ à la lampe frontale à 4h30 du matin, à travers la forêt pour ne pas payer l'entrée du parc (trop cher! m'a soufflé Christian) et pour ne pas manquer le spectacle du lever de soleil, qui effectivement est assez spectaculaire. A cette heure-ci, pas une Jeep non plus, et c'est assez agréable d'avoir une source de légendes et d'anecdotes de première main. Mais je vous laisse admirer les photos, je dois préparer ma prochaine expédition...
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